Les seuils DPE sont les bornes chiffrées qui rangent votre logement dans une classe de A à G. Chaque lettre correspond à une plage précise, et ces plages existent en double : une pour l'énergie primaire (en kWh/m²/an) et une pour les émissions de gaz à effet de serre (en kg CO₂/m²/an). Comprendre ces seuils, c'est savoir exactement où vous vous situez et combien de kWh ou de kg CO₂ vous séparent de la classe au-dessus.
Les deux étiquettes : énergie et climat
Un DPE ne comporte pas une note mais deux mesures distinctes, chacune avec sa propre échelle.
L'étiquette énergie
Elle mesure la consommation d'énergie primaire du logement, exprimée en kilowattheures par mètre carré et par an (kWh/m²/an). Elle additionne le chauffage, l'eau chaude sanitaire, le refroidissement, l'éclairage et les auxiliaires (ventilation, pompes). Plus la valeur est basse, meilleure est la classe.
L'étiquette climat
Elle mesure les émissions de gaz à effet de serre liées à ces mêmes usages, exprimées en kilogrammes de CO₂ par mètre carré et par an (kg CO₂/m²/an). Un logement peut très bien consommer peu d'énergie mais émettre beaucoup de CO₂, ou l'inverse, selon l'énergie qui alimente le chauffage.
Ces deux axes ne bougent pas ensemble. C'est précisément pour cela qu'un même logement peut afficher une bonne performance sur un axe et une mauvaise sur l'autre.
Tableau des seuils par classe (énergie primaire + GES)
Voici les bornes officielles telles qu'elles s'appliquent au DPE. Pour être classé dans une lettre, le logement doit respecter à la fois le seuil énergie et le seuil climat de cette lettre.
- Classe A : énergie inférieure à 70 kWh/m²/an, et climat inférieur à 6 kg CO₂/m²/an.
- Classe B : énergie de 70 à 110 kWh/m²/an, et climat de 6 à 11 kg CO₂/m²/an.
- Classe C : énergie de 110 à 180 kWh/m²/an, et climat de 11 à 30 kg CO₂/m²/an.
- Classe D : énergie de 180 à 250 kWh/m²/an, et climat de 30 à 50 kg CO₂/m²/an.
- Classe E : énergie de 250 à 330 kWh/m²/an, et climat de 50 à 70 kg CO₂/m²/an.
- Classe F : énergie de 330 à 420 kWh/m²/an, et climat de 70 à 100 kg CO₂/m²/an.
- Classe G : énergie supérieure ou égale à 420 kWh/m²/an, ou climat supérieur ou égal à 100 kg CO₂/m²/an.
Notez que la classe G est atteinte dès qu'un seul des deux dépasse son plafond. C'est le cas le plus fréquent parmi les passoires énergétiques.
La règle qui pénalise : la classe la plus mauvaise l'emporte
La règle centrale du DPE tient en une phrase : la classe publiée est la plus mauvaise des deux étiquettes. Si votre logement ressort en classe C sur l'énergie mais en classe F sur le climat, l'étiquette finale affichée sera F. C'est ce qu'on appelle le principe du double seuil, ou la règle du max des deux.
Pourquoi un logement peut être bon en énergie mais mauvais en climat
Le coupable est presque toujours l'énergie de chauffage. Un logement chauffé au fioul ou au gaz peut être correctement isolé et donc raisonnable en kWh, tout en émettant énormément de CO₂ parce que ces combustibles sont fortement émetteurs. Résultat : une étiquette énergie honorable, mais une étiquette climat qui plonge et qui fait basculer le logement en F ou G.
À l'inverse, un logement électrique mal isolé peut afficher une étiquette climat convenable (l'électricité française émet peu de CO₂) mais une étiquette énergie catastrophique à cause du coefficient d'énergie primaire, que nous détaillons plus bas.
Concrètement : changer de chauffage sans toucher à l'isolation peut améliorer un axe et laisser l'autre inchangé. Un changement de chauffage seul ne garantit jamais un gain de classe. Tout dépend de l'envelope, de la surface et du système.
Si vous voulez comprendre en détail comment ces deux axes sont combinés, la page méthode 3CL et double seuil du DPE reprend le mécanisme pas à pas.
Énergie primaire vs énergie finale : le coefficient
Les seuils énergie sont exprimés en énergie primaire, et non en énergie finale (celle que vous lisez sur votre facture). La différence compte énormément pour l'électricité.
Le coefficient 2,3 pour l'électricité
Pour convertir l'énergie finale en énergie primaire, on applique un coefficient qui reflète les pertes de production et d'acheminement. Pour l'électricité, ce coefficient est de 2,3. Autrement dit, 100 kWh d'électricité consommés à votre compteur comptent pour 230 kWh d'énergie primaire dans le calcul du DPE.
Pour le gaz, le fioul, le bois et les réseaux de chaleur, le coefficient est de 1 : l'énergie primaire égale l'énergie finale.
C'est pour cela qu'un logement tout électrique mal isolé grimpe vite en kWh d'énergie primaire, même si sa facture semble maîtrisée. Le coefficient 2,3 gonfle mécaniquement le chiffre sur l'axe énergie, sans pour autant dégrader l'axe climat.
Combien de kWh vous séparent de la classe au-dessus
Une fois que vous connaissez votre valeur exacte sur chaque axe, l'écart à la classe supérieure se lit directement dans le tableau des seuils.
Un raisonnement en deux temps
Commencez par identifier quel axe vous pénalise. Si votre étiquette est F à cause du climat (par exemple 90 kg CO₂/m²/an) alors que l'énergie est déjà en E, travailler l'isolation seule ne suffira pas : il faudra agir sur l'énergie de chauffage pour faire descendre les émissions sous le seuil.
Ensuite, mesurez l'écart. Prenons un logement à 340 kWh/m²/an : il est en classe F, dont la borne haute vers E est 330. Il ne manque que 10 kWh/m²/an pour passer en E, ce qui peut suffire à sortir du calendrier d'interdiction de location. À l'inverse, un logement à 415 kWh/m²/an doit gagner près de 85 kWh/m²/an pour atteindre E : l'effort est bien plus lourd.
Ce raisonnement sur l'écart est décisif car les interdictions de location de la loi Climat et Résilience frappent par classe : la classe G est interdite à la location depuis le 1er janvier 2025, la classe F le sera à partir de 2028, et la classe E à partir de 2034. Gagner une seule classe peut donc changer complètement la situation d'un logement mis en location. Le calendrier complet est détaillé dans notre guide sur les passoires énergétiques et la location.
Estimer votre écart réel
Le nombre de kWh gagnés par un type de travaux dépend entièrement de votre logement : sa surface, son isolation actuelle, son système de chauffage. Les ordres de grandeur nationaux restent indicatifs. Pour obtenir un chiffre calé sur votre cas précis, le simulateur qui part de votre DPE officiel rejoue le calcul, chiffre les travaux et indique la classe réellement atteignable, sans inscription ni mise en relation.
Si vous n'avez pas encore de DPE, le guide quels travaux font réellement gagner une classe vous aidera à prioriser les postes selon l'axe qui vous pénalise.
Ce qu'il faut retenir
Les seuils DPE reposent sur deux échelles indépendantes, énergie et climat, et c'est toujours la plus mauvaise qui décide de votre lettre. Un logement peut être bon en kWh et G en CO₂ à cause d'un chauffage fioul ou gaz. Le coefficient 2,3 pénalise l'électricité sur l'axe énergie sans dégrader l'axe climat. Pour savoir combien de kWh ou de kg CO₂ vous séparent réellement de la classe au-dessus, partez de votre valeur exacte et comparez-la aux bornes du tableau.
Estimation indicative sans valeur réglementaire. Ce simulateur ne constitue ni un DPE, ni un audit énergétique, ni un devis. Seul un diagnostiqueur certifié peut établir un DPE opposable, et seul un devis d'artisan engage un prix.

